petit et râblé comme un nain de jardin, le ministre Mbusa est un ancien seigneur de guerre, à la solde de l'Ouganda, épinglé dans les massacres des populations dans l'Ituri, mais protégé parce qu'il fait partie d'une ethnie qui compte dans la configuration du pouvoir politique et économique actuel. Fort de ce soutien et convaincu de son rôle dans la victoire de Joseph Kabila à l'élection présidentielle, il avait menacé de retirer à ce derner son soutien s'il n'était pas nommé ministre aux affaires étrangères. Depuis, personne de lucide ne peut soutenir que la diplomatie congolaise dont il a les prérogatives ait gagné en visibilité ou en lisibilté.
Il serait, toutefois, excessif d'acculer l'actuel patron de la diplomatie congolaise, car il hérite d'une situation chaotique qu'il n'a fait qu'accélérer, en multipliant les erreurs. Alors que les lampions de la Conférence de Goma s'éteignaient, il était peut-être déjà minuit moins cinq à Kinshasa, siège des institutions de la République. Fait étonnant: comme pour apporter de l'eau au moulin, aujourd'hui, que ce soit le journal le plus proche du pouvoir qui confirme, entre les lignes, nos analyses démontre le sérieux de celles-ci.
Pour rappel, dans une déclaration rapportée par l'ACP et qui avait choqué les observateurs les plus avertis, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, et membre du panel des modérateurs à la Conférence sur la paix dans les deux Kivu, M. Antipas Mbusa Nyamwisi avait disculpé le Rwanda de l'imbroglio politico-militaire qui secoue l'Est du pays depuis une dizaine d'années. Mot pour mot, il avait déclaré, le 15 janvier 2008 dernier, lors de son intervention à la Conférence sur la Paix, la sécurité et le Développement dans les Provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dont les lampions s'éteindront ce mardi 22 janvier: « Le Rwanda n'est pas le problème du Congo ; nous venons à Goma pour négocier la paix ». Comme pour apporter la preuve que cette paix ne dépend que des Congolais eux seuls, il avait, parallèlement, invité ces derniers à mieux s'organiser à l'intérieur des frontières de leur pays afin que leurs « problèmes trouvent des réponses plutôt que de pointer le Rwanda et les pays voisins d'être à l'origine des leurs malheurs, de l'insécurité et de la guerre ». (...)
Sorties de la bouche de celui qui a fait de pieds et de mains pour occuper un poste aussi hautement stratégique, ces déclarations ont sonné comme une trahison plus qu'un aveu d'échec d'un gouvernement incapable d'établir la paix et la sécurité à l'intérieur du pays et à ses frontières. D'autant que c'est un secret de polichinelle que c'est le Rwanda qui se cache derrière Nkunda. Car, c'est lui qui fournit armes et hommes de troupes.
Manifestement, plus réaliste et visionnaire, la Belgique a proposé un dialogue plus large, c'est-à-dire étendu aux pays voisins. C'est son ministre de la Coopération et du Développement en visite en RDC, il y a peu, qui l'a dit, persuadé que c'est là le « gage d'une paix durable », comme l'a rapporté radiookapi.net
Avis partagé par d'autres analystes comme Le Monde de ce 28 janvier 2008 qui titre: "Le succès du cessez-le-feu au Kivu repose sur le Rwanda". Dans le même sens, Etienne Tshisekedi et son parti exigent la tenue d'une conférence internationale à ce sujet.
D'ailleurs, pendant que Mbusa ménageait le loup rwandais et ses valets déjà entrés dans la bergerie congolaise, et qu'à Goma, le CNDP et les groupes armés Maï-Maï, posaient devant les caméras en signe d'accord de cessez-le-feu, sous les applaudissements nourris des conférenciers et du comité de sages de la conférence sur la paix, la sécurité et le développement, radiookapi.net rapportait que Nkunda recrutait dans le fief même du ministre congolais des affaires étrangères. Sans compter que les affrontements qui avaient été signalés. www.demainlekasai.com